CREVANT tire son origine de CRAVEN au XIème siècle, qui provient du celtique CRAVATUM (endroit pierreux).

Georges Sand a écrit dans Nanon au sujet de Crevant:

« Je parie qu’ ils sont restés celtes sans le savoir puisque leurs dévotions d’ aujourd’hui ne les empêchent pas de trembler devant les anciens dieux de la Gaulle. Rien n’y est inchangé il n’ y manque que les druides ».

« C’ est un semis de ces énormes galets granitiques au sommet d’ un monticule conique. Le plus élevé est un champignon dressé sur de petits supports. Ce pourrait être un jeu de la nature mais ce ne serait pas une raison pour   que cette pierre n’ eut pas été consacrée par les sacrifices, d’ailleurs elle s’appelle le Grand Dordorin ».

Crevant a donc gardé longtemps une vocation celtique malgré les efforts faits pour
l’ évangéliser. Le culte de Saint Aubin a été introduit en le substituant parfois à certaines divinités gauloises des fontaines.

LES SEIGNEURS DE CREVANT

La paroisse de Crevant était autrefois la plus peuplée de l’ancienne baronnie de Sainte Sévère.  La seigneurie de Crevant a donné son nom à l’une des plus anciennes familles du Bas Berry :

  • Aymeric de Crevant, 1090.
  • Pierre de Crevant, 1221.
  • Archambaud de Crevant, 1311.
  • Archambaud II de Crevant, Chevalier qui servit Philippe VI puis Louis d’ Espagne dans ses guerres.
  • Angélique de Crevant, 1692, dernière dame appartenant à la maison de Crevant.

La seigneurie de Saint Aubin était située en amont du Château de la Lande. Le fief de Fonteny consistait à l’origine en une forêt appelée bois de Fontenin, puis bois de Fonteny et situé dans la paroisse de Crevant sur la limite de celle de Nouziers (23).

Le fief du Gué (ou Guay) appartenait à Jean de Crevant, damoiseau, qui en fit hommage le lundi de Pâques de l’ an de grâce 1315 à Pierre de Brosse, seigneur de Sainte Sévère.

Le château du Bois de la Motte, dont il ne reste qu’un monticule, a servi de carrière, de même que le château de Crevant situé en centre bourg.

LA REVOLUTION

L église devint en 1793 le « Temple de la Raison », un lieu de lecture public des lois et des décrets.

Crevant eut le triste privilège de voir naître deux des trois personnages guillotinés dans
l’ Indre à cette époque.

Comme dans beaucoup d’ autres endroits, à l’ occasion du recrutement de 300000 hommes pour défendre la patrie en danger, quelques difficultés s’ étaient produites à Crevant. Le maire Barthélémy Millard dénonça Messieurs Charles et Louis de Bigu, le 1er avril 1793, comme « ayant cherché par des propos incendiaires et contre- révolutionnaires à empêcher le recrutement de l’armée ».

Ils furent arrêtés et traduits devant le tribunal criminel de l’ Indre qui renvoya le jugement au tribunal extraordinaire de Paris. Agés d’à peine 20 ans, ils furent condamnés à mort et guillotinés à Châteauroux dans les 24 heures; la Seigneurie du Gué fut confisquée et vendue au profit de la Nation.