Variété spéciale de la race berrichonne d’après certains, ancêtre de la race berrichonne selon d’autres, le mouton « de Crevant » a eu une belle notoriété au 19ème siècle (et avant) jusqu’au début du 20ème siècle. « Le mouton « de Crevant » forme le fond des bergeries dans la majeure partie des cantons de La Châtre, Sainte Sévère et Aigurande, et dans une faible portion de celui de Neuvy Saint Sépulchre » « I l s’étend dans ceux de Boussac, de Chatelus, et de Bonnat »

Ses caractères ont été définis par la Commission du Livre d’origine de la race ovine berrichonne, variété de Crevant.

› Taille pouvant atteindre 0.80m
› Poids maximum : 80 kilos
› Tête très forte, allongée, chauve, sans
jarre, à poils très brillants sur les joues ;
front large, bombé, dans les deux sens,
sans chevilles osseuses ; nez busqué ;
oreilles longues et larges à la base, portées presque horizontalement.
› Membres forts, blancs, non couverts, jarret large ; cou court
› Dos et croupe larges.
› Gigot un peu plat.
› Ceinture sanglée.
› Laine fine et blanche à mèches longues.

Il a été élevé pour sa laine, les béliers étaient vendus pour la reproduction, plus tard, après l’effondrement du prix de la laine, on améliora la race pour la production de viande.

 

Avant 1855 «La laine du mouton de Crevant est de grande qualité, recherchée par les manufactures, même hors département, qui viennent s’approvisionner sur le Bas Berry; c’est un revenu non négligeable dans les exploitations (90%), qui fait de Crevant et sa foire, le pivot du négoce dans l’arrondissement de La Châtre.»

9 mai 1854 : à la foire de Crevant le prix des béliers s’éleva à un chiffre énorme. Proposés à 100 francs, ils se vendirent 70 à 80 Frcs, alors qu’en temps ordinaire ils partaient à 30 ou 40 Frcs

Avec l’amélioration des races ailleurs, et la collusion des acheteurs des manufactures de Châteauroux, le revenu est devenu infime. On décida donc d’améliorer l’espèce de Crevant dans le but de produire de la viande. Ce qui passe par l’amélioration de l’alimentation. On fait des essais, semis de trèfles, achat de nouvelles charrues Dombasle, et de herse en fer.

1857 : La foire aux moutons de Crevant aura lieu le 2 septembre Même année : Le mouton de Crevant est absent du Concours régional de Châteauroux, ce que la gazette déplore : « celle de Crevant est la plus estimée. (des races berrichonnes). Il eût été intéressant de trouver dans la liste des récompenses décernées la preuve incontestable de cette supériorité. » puis : » La variété de Crevant parait être la précieuse source à laquelle peuvent être puisées les plus importantes améliorations à introduire dans la nombreuse population ovine du Berri »

1865 : Circulaire et avis de M le Préfet de l’Indre déplaçant la foire du 2 septembre à Crevant au 18 août, en raison de la proximité de la foire d’Ardentes, à la demande du conseil municipal de Crevant. Il existe une autre foire le 9 mai.

1866 « La bête à laine de Crevant doit sa supériorité à des ressources fourragères plus abondantes,…., et à quelques soins particuliers qui accompagnent toujours l’accroissement de valeur d’une race…qui ne doit qu’à des circonstances locales…. leur supériorité relative n’a pas d’autre cause. » Eug. Gayot qui rejette l’idée d’une origine étrangère.

1895 : Création du Livre d’origine de la race ovine berrichonne de l’Indre variétés de Champagne et de Crevant par la Société d’agriculture de l’Indre

1899 : Les éleveurs se sont groupés en Syndicat des éleveurs de la race ovine berrichonne de l’Indre, variétés de Champagne et de Crevant- admise au livre d’origine

1913 « Nous rappelons que le ministre de l’Agriculture a décidé qu’un concours général d’animaux reproducteurs des espèces bovine, ovine et porcine et de chiens de berger, aura lieu à Paris, au Champ de Mars, du mardi 17 au dimanche 22 juin 1913 berrichonne de l’Indre (2 sections: variété dite de Champagne et variété dite de Crevant) »

Plus tard l’amélioration à l’intérieur de la race pure, pour efficace qu’elle aît été, et le refus de croisement avec le Snootdown, réputé fragile et coûteux en soins, ce qui apporterait la ruine des bergeries, lui fit perdre sa place de choix. Il fut ensuite croisé avec le Dishley et perdit son appellation. On considère néanmoins qu’il est à la base de toutes les races régionales, à commencer par la Limousine, tant l’exportation de béliers fut prisée au 19ème siècle.

 

Source : www.gallica.bnf.fr